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Grenoble Université Club Rugby



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Les cadets sont les joueurs nés en 1995 et 1996, ce sont les moins de 17 ans.

ILs jouent en Championnat Teulière A

Les entrainements ont lieu aux terrains du campus les :

Vous pouvez trouver les résultats des cadets sur le lien suivant.

Samedi 12 mai - Match des Cadets : GUC - Montélimar: 25-20

Heureux et fier. Très fier. Fier comme un père qui se rend compte qu'il n'a plus rien à enseigner à son petit. Que l'oiseau qu'il a jalousement couvé vole maintenant de ses propres ailes. Les voilà partis, nos cadets. Qui les arrêtera, lancés comme ils le sont ??
Ce match sentait bon la poudre. Tous les ingrédients y étaient. Un adversaire coriace et de mauvaise réputation. Une bonne pelouse et un temps idéal. Et du monde sur la touche pour pousser, pousser nos garçons. Tout était réuni pour que le groupe sorte une performance de haute volée. Et nous ne fûmes pas déçus. Les garçons ont réalisé un match de grande intensité, dans la lignée des performances réalisées cette année à Seyssins ou contre Thônes.
Et pourtant, ce ne fut pas facile, loin de là. Après une bonne entame, c'est Montélimar qui prit le jeu à son compte au milieu de la première mi-temps en nous infligeant deux essais sur de beaux enchainements. De 6-0, en notre faveur, nous passâmes alors à 6-12 contre nous et les visages commençaient à se crisper. Mais les garçons, emmenés par leur capitaine charismatique et portés par un public chaud bouillant, voulaient en découdre, encore et encore.
De 6-12 à la mi-temps, nous revînmes peu à peu à la hauteur de nos adversaires par l'entremise de la botte d'Anto : 9-12 ; 9-15 ; 12-15 puis 15-15. Que dire de la performance d'Anto cette après-midi ? Sept sur neuf au pied, vingt points ; un jeu au pied sûr et efficace. Bref, ENORME !
Mais énormes, ils le furent tous. Devant surtout, compte tenu de la qualité de notre défense face à la masse impressionnante de nos adversaires. Derrière aussi, par la maturité du jeu au pied qui nous maintint dans leur moitié de terrain pendant la majeure partie de la deuxième mi-temps.
Et à 15-15, nos joueurs portèrent le coup de grâce. Sur un maul porté à quelques mètres de l'en-but, Louis décala Quentin qui aplatit en terre promise. Essai en coin, transformé par l'inévitable Anto : 22-15. La suite fut un régal de volonté, de maturité et de courage. De ces vertus propres au rugby et qui transforment nos garçons en hommes. Deux essais (semblent-ils valables ?) nous furent refusés mais les garçons campaient toujours chez les mangeurs de nougat. Et une nouvelle pénalité sur la droite porta le score à 25-15 à cinq minutes du coup de sifflet final.
La fin du match fut acharnée et haletante. Montélimar profita d'une de nos rares erreurs en deuxième mi-temps pour marquer l'essai de l'espoir. 25-20. Sur le renvoi, le ballon sortit directement en touche. Mêlée au centre pour eux. Par deux fois, ils portèrent le ballon dans nos vingt-deux, sans succès. L'arbitre nous libéra enfin dans une explosion de joie générale. La victoire n'est certes pas usurpée compte tenu de notre deuxième mi-temps et de la volonté farouche affichée par les garçons. Nous battons là par la force du courage un adversaire qui nous est supérieur sur le papier, je pense. De bon augure pour la suite.
Il nous reste à panser nos plaies en début de semaine, savourer la victoire tous ensemble à l'entrainement mercredi et terminer le travail samedi prochain à Ampuis.

Samedi 5 mai - Match des Cadets : Rumilly - GUC : 7-16

Je me suis promis d'envoyer ce commentaire de match avant dimanche matin pour me faire pardonner d'avoir omis d'écrire celui de la semaine dernière. Mais il est 23h00, je suis dans mon lit et mes paupières sont lourdes. Je vais donc faire court
Après la défaite à Annonay, il n'était pas évident de trouver la force de se remobiliser cette semaine. Et d'autant plus que nous déplorons maintenant toute une ribambelle de blessés, signe que la saison finit par être longue et que les organismes sont fatigués par la répétition des efforts.
Mais les garçons ont été magnifiques de courage et de volonté. Ils sont allés chercher cette victoire avec les tripes, une victoire qui nous maintient en vie avec l'espoir de la qualification pour toute une semaine encore.
Il ne faut pas se le cacher, notre entame de match fut mauvaise. La faute probablement à un échauffement tronqué où nous n'avons pas pu faire les cinq minutes de combat qui font monter l'agressivité et préparent les corps aux plaquages. Après vingt minutes de domination adverse, reclus dans notre camp, c'est sur notre première incursion dans leur camp que nous ouvrîmes le score par l'entremise de la botte d'Antonin. Ces trois points - score à la mi-temps - et ce froid réalisme nous firent du bien et nous pûmes enfin entrer dans la partie.
La deuxième mi-temps fut plus à notre avantage. Vaillant dans les rucks mais brouillons dans nos attaques placées, c'est via la maestria du capitaine (la « Machine » !) et le pied d'Anto (80% de réussite aujourd'hui, un chiffre à faire pâlir Wilkinson.) que nous prîmes le large au score ; essai de contre de Martin : 10-0, puis pénalité d'Anto : 13-0.
Nos adversaires du jour, joueurs mais somme toute peu efficaces, reprirent alors du poil de la bête sur quelques erreurs concédées dans nos vingt-deux. A ce niveau, tout se paie. Et comme la semaine dernière contre Annonay, nous encaissâmes un essai sur une série de percussions à cinq mètres de notre ligne. 13-7. Il restait alors quinze minutes à jouer. L'orage grondait et la pluie se mit de la partie.
Les anciens prirent alors les choses en main et, bien aidés par les plus jeunes, nous parvinrent à occuper le camp adverse par un jeu au pied intelligent et une défense volontaire à défaut d'être bien organisée. Antonin eut aussi la bonne idée de rajouter trois points supplémentaire (16-7) et nos adversaires furent sanctionnés de quelques cartons blancs qui les empêchèrent de contester notre mainmise sur cette fin de match.
La fin du match fut accueillie avec soulagement, une nouvelle fois. Je suis heureux et fiers que nos joueurs aient trouvé les ressources pour s'imposer dans un contexte général compliqué. Il nous reste à recharger nos accus cette semaine pour aborder le match décisif de la semaine prochaine, au GUC, dans les meilleures conditions. Nous avons gagné le droit de rêver une semaine de plus et on ne va pas s'en priver..

Samedi 21 avril - Match des Cadets : GUC - Seyssins : 27-17

Je voudrais commencer ce commentaire par un sincère remerciement. Merci à vous, chers parents, d'avoir permis à vos enfants de nous rejoindre pour ce match important. Pour avoir été dans cette situation quand j'étais moi-même cadet (25 ans, déjà !), je sais qu'il est difficile de faire comprendre à ses parents la nécessité de traverser la France deux jours avant la famille pour rejoindre son équipe pour une activité dite de « loisir ». Mais, assurément, la présence d'une équipe complète dans toutes ses lignes a été un facteur-clé dans la victoire d'hier.
Je crois ne pas trahir le film du match en disant que cette victoire fut longue à se dessiner. De façon surprenante, nous fûmes copieusement dominés en première mi-temps, acculés dans nos vingt-deux à plusieurs reprises par un adversaire dominateur devant. Durant ce premier acte, notre jeu au pied fut souvent déficient et ne nous permit pas de nous libérer de l'emprise de Seyssins sur le match. Et, comme souvent, ce fut de nos arrières que vint la solution. Sur un ballon joué au large depuis nos vingt-deux, Niels franchit le rideau défensif adverse pour servir Boris à l'aile sur la ligne médiane, repris lui-même à un mètre de la ligne adverse avant que Sylvain, propulsé par Vadim, ne plonge en terre promise. 5-0. Alors, bien sûr, il est dangereux de jouer des ballons à dix mètres de sa ligne mais, compte tenu de nos difficultés à nous dégager au pied, force est de constater que nos trois-quarts ont acquis la maturité pour trouver la clef dans des situations délicates.
Mais ce premier essai ne suffit pas à éteindre les velléités offensives de nos adversaires du jour. Acculés à nouveau sur notre ligne, c'est somme toute logiquement que Seyssins finit par franchir notre ligne d'en-but sur un décalage au large mal défendu sur les extérieurs. Essai transformé : 5-7. Ce score à la mi-temps n'était pas une mauvaise opération tant nous avions souffert dans les trente premières minutes. Mais c'est aussi la force du groupe d'avoir su défendre notre ligne avec acharnement et limiter les dégâts sur nos temps faibles.
A la mi-temps, plusieurs de nos joueurs souffraient déjà de crampes, signe de notre condition physique clairement défaillante après quinze jours de vacances. En face, heureusement, nos adversaires accusaient aussi le coup avec plusieurs blessés dans leurs rangs, témoins de l'âpreté des débats durant le premier acte. Comment allions-nous nous sortir de ce guêpier ?
C'est grâce à la force mentale du groupe et via le jeu que la lumière vint éclairer notre deuxième mi-temps. Dès le début du deuxième acte, notre conquête s'avéra plus performante et notre mêlée mieux équilibrée. De bons ballons purent alors être transmis à nos lignes arrière qui prirent peu à peu la mesure de nos adversaires. Notre jeu au pied profond fut plus efficace, aussi, ce qui nous permit de mieux occuper le terrain à défaut de mettre en danger Seyssins sur des chandelles mal dosées comme en première mi-temps. Cependant, après un essai de contre, né d'une défense agressive portant le score à 12-7 en notre faveur, nous encaissâmes peu après un deuxième essai sur un surnombre bien négocié sur le petit côté ramenant les deux équipes à égalité : 12-12.
La tension monta alors d'un cran tant l'issue du match restait incertaine. Perclus de crampes, les nôtres firent preuve alors d'un surcroît de courage et d'abnégation. Malgré un impact physique insuffisant, nous réussîmes enfin à investir le camp adverse durablement. Après un nouvel essai portant notre avance à cinq points, ce fut une pénalité transformée par Boris qui nous mit une première fois à l'abri d'un retour adverse. 20-12. Puis, sur une nouvelle perforation au large, Martin, bien aidé par Boris, fit le break à cinq minutes du terme : 27-12. C'est finalement Seyssins qui clôt le score sur un dernier essai au large et un coupable relâchement défensif mais la victoire était alors acquise. 27-17, score final.
La fin du match fut accueillie par tous avec soulagement. Je rends hommage à nos adversaires pour ce match plein d'intensité et disputé dans un bon esprit. Soulagé d'avoir remporté la victoire, je n'en oublie pas nos manques et nos faiblesses du moment. Devant, nous fûmes dominés à l'impact et brouillons en conquête. Derrière, notre jeu au pied est pauvre et notre défense au large mal organisée. Par-dessus tout, notre condition physique générale est très en deçà d'un candidat potentiel aux phases finales.. Mais, malgré tous ces problèmes, nous trouvâmes les ressources pour gagner, grâce notamment à un mental de fer et des trois-quarts de feu. Cette soif de victoire et notre force collective seront la source de grande joie future si nous parvenons à l'alimenter d'un travail assidu dans les semaines qui viennent. Rendez-vous donc dès mercredi à l'entrainement pour savourer la victoire et corriger ce qui doit l'être.

Samedi 31 mars - Match des Cadets : Sud Grenoble - GUC: 0-34

Et une neuvième victoire pour finir ! Je reviendrai plus loin sur la victoire des nôtres contre l'entente Sud-Grenoble mais je préfère commencer mon propos sur un bilan de cette phase de poule où, après quatorze matchs, nous terminons à une belle troisième place devant toutes les équipes du bassin grenoblois.
C'est donc un grand bravo que j'adresse aux garçons, à tout le groupe des Cadets, des plus jeunes aux plus aguerris, pour cette performance remarquable. Le GUC n'avait pas d'équipe Cadet il y a deux ans. L'an dernier, nous terminions sixième de cette phase de poule avec neuf défaites pour quatre victoires et un nul. Et cette année, nous sommes troisièmes avec neuf victoires pour cinq défaites.
Je ne sais pas comment sont vos garçons à la maison (sont-ils agréables avec leurs parents et gentils avec leurs frères et sours ?), comment ces mêmes garçons travaillent en classe (même si j'ai mes sources pour certains d'entre eux.), mais ce que je sais, c'est qu'ils assurent grave côté rugby ! Et nous, leurs entraineurs, Fred, Théo et moi, sommes très fiers de ce groupe de trente joueurs, et de la motivation, de l'enthousiasme et la persévérance dont ils ont fait preuve tout au long de l'hiver.
Est-ce donc la fin de la saison pour tenir un tel discours ? Non, et c'est bien là que je veux en venir. En fait, c'est maintenant que tout commence. Après cette longue phase de poule, toutes les équipes classées du troisième au septième participent au Challenge Sud-Est qui déterminera la meilleure formation du quart sud-est de la France. Le fait de terminer troisième nous assurera un match de plus à domicile mais c'est bien une nouvelle série de cinq matchs qui nous attend, dans la chaleur du mois de mai, pour prétendre aux ¼ de finale de ce Challenge. Cinq matchs, c'est long, c'est dur et ce d'autant plus que nous avons déjà beaucoup donné jusque là et que nous sentons les organismes fatigués en ce début de printemps. Mais nous ne pouvons en rester là.
L'an dernier, nous avions explosé dans cette seconde phase avec trois forfaits et une défaite pour quatre matchs. Je ne sais pas si vous imaginez ce qu'est un forfait pour le coach que je suis. La honte, la disgrâce. Genre : « Je ne suis même pas capable d'aligner quinze joueurs. » Pour moi, il est hors de question que je revive un tel traumatisme cette année. Et c'est de vous, parents et joueurs, dont nous avons besoin pour mener à bien cette entreprise. Alors oui, nous sommes fatigués, oui, nous allons jouer pendant deux week-ends des vacances, oui, il fait de plus en plus chaud sur les terrains le mercredi et le samedi. Mais, compte tenu de son potentiel, ce groupe mérite d'aller plus loin et de vivre l'émotion des ¼ de finale, dans un peu plus de six semaines, où tout se jouera sur un match à élimination directe. C'est de persévérance, de courage et d'abnégation dont il s'agit, toutes ces valeurs propres au rugby et qui font grandir en force et en sagesse.
Le marathon qui nous attend est donc le suivant : selon le calendrier prévu, nous jouerons les samedis 14 et 21 avril (au milieu et à la fin des vacances), puis le 28 avril, 5 mai et 12 mai. Seul le premier accèdera alors aux ¼ de finale le 19 mai. Cinq semaines, cinq matchs, cinq victoires.. Le talent, nous l'avons. Mais aurons-nous la force et l'envie d'aller si haut ?
Comme vous le savez, le GUC n'est pas un club de rugby comme les autres. Nos garçons, nous les aimons et nous voulons les voir s'épanouir dans un groupe à travers la pratique du rugby mais aussi en dehors de cette activité. L'an dernier, nous avions descendu les Gorges de l'Ardèche durant le week-end de l'Ascension avec un bivouac mémorable au bord de la rivière, entre sangliers et hamburgers. Cette année, nous passerons le week-end de la Pentecôte (26-28 mai) sur la Presqu'Ile de Giens à partir de laquelle nous irons explorer l'Ile de Porquerolles voisine. Week-end rugby-baignade-plongée donc, un projet auquel les garçons semblent adhérer massivement si on en croit leurs discussions dans les vestiaires. Je joins à ce commentaire de match un descriptif sommaire des activités prévues pour ce week-end ainsi qu'une estimation du coût financier de l'opération.
Pour finir, quelques mots sur le match d'hier. Comment dire ? Il y eut du bon et du moins bon. Face à un adversaire vaillant et appliqué, qui mérite mieux que sa dernière place aux vues de ses récentes prestations, nous avons marqué cinq essais pour une victoire large et indiscutable. Mais notre entame fut poussive et nous fûmes copieusement sanctionnés en première mi-temps, signe d'un manque d'application et de discipline qui devrait servir de signal d'alarme. Nous ne pourrons nous contenter de ce niveau de jeu pour battre les meilleures équipes dans le mois à venir, assurément. Au rang des satisfactions, nous avons bien progressé sur les mauls portés, ce qui permit notamment à Louis de marquer le premier essai du match. Handicapés par certaines absences derrière, les plus jeunes ont tiré avec brio leurs épingles du jeu. Nathan fut intenable au centre et Adrien marqua son premier essai à l'aile.
Le point noir de la journée reste ce carton rouge récoltée bêtement alors que le match était acquis depuis bien longtemps. Nous avons perdu Thomas sur blessure la semaine dernière. Nous perdons Hugo cette semaine. A ce rythme là, nous ne terminerons pas la saison à quinze. Plus encore que l'attitude inqualifiable du fautif, c'est l'idée même d'entrer sur le terrain pour mettre des marrons qui est inexcusable. Au rugby, le terrain est un sanctuaire. Il appartient aux trente joueurs et à l'arbitre d'y faire régner la loi du jeu. Nulle autre personne, remplaçant, spectateur, coach, n'a le droit d'y pénétrer sans y être invité. Sans cette règle immuable, les terrains de rugby, sport de combat et de lutte acharnée, se transformeraient allègrement en rings de boxe où toute mauvaise énergie trouverait un exutoire mortifère. C'est d'ailleurs parce que le terrain est un sanctuaire et que le combat se limite au carré vert que les joueurs peuvent fraterniser autour d'une bière dès le coup de sifflet final. Et c'est la beauté de ce sport de transformer un rude adversaire en copain sitôt le match terminé.
Au-delà des chamailleries qui sont de mises dans le jeu, j'attends donc plus de maturité de la part de nos leaders pour éviter que de tels incidents préjudiciables au groupe et au club ne se reproduisent

Samedi 24 mars - Match des Cadets : La Côte-St-André - GUC: 0-66

Nous sommes dimanche soir et je n'ai toujours pas écrit une ligne sur le match d'hier. Pas d'envie d'épiloguer sur un match bizarre avec un adversaire absent qui déposa les armes sans combattre dès la première minute de jeu. Pas envie car le point noir de la journée d'hier est la grave blessure de Thomas, fracture de la malléole, opéré aujourd'hui à l'hôpital de La Tronche. Pour avoir déjà subi une telle blessure l'an dernier avec Boris, je sais que notre Thomas va en baver et que le temps lui semblera bien long avant de reprendre une vie normale. Tiens bon, Tom, on pense fort à toi, mon gars.
Pour revenir à la parodie de match d'hier, entre match d'entrainement et jeu dirigé, je reste perplexe sur notre performance, ponctuée tout de même de sept essais en première mi-temps et de trois en deuxième. Perplexe car les circonstances de l'avant-match ne nous permirent pas de bien nous préparer mentalement : pas d'arbitre officiel à 14h30 ; Fred qui assume finalement le rôle de l'homme en noir ; un terrain certes en bon état mais pas tracé et sans drapeau. Bref, j'étais un peu inquiet sur notre entame de match face à un adversaire qui semblait plus lourd que nous.
Et puis, de façon très étrange, sur notre première possession de balle au bout de trente secondes de jeu, la défense adverse s'ouvrit comme un livre sur un ballon écarté et Sylvain s'en alla aplatir sans opposition. Et la suite fut du même acabit pendant toute la première mi-temps pour un score fleuve de 48-0 au repos. C'est durant cette mi-temps que Thomas, sur une percussion anodine, se bloqua la cheville dans le gazon pour la fracture qui met d'ores et déjà un terme à sa saison. J'aurai donné cher pour garder tous nos garçons valides à défaut de disputer un vrai match de rugby.
La deuxième mi-temps fut plus brouillonne. Sans opposition ou presque, les garçons eurent du mal à rester disciplinés sur les fondamentaux et la partie bascula de temps en temps sur du hourra-rugby assez débridé. Mais que reprocher aux garçons sur ce match ponctué de dix essais dont deux pour les « jeunes pousses » que sont Albéric et Adrien ?
Au final, cela nous a fait du bien, je pense, de décompresser sur un match facile après l'intensité des deux rencontres disputées contre Montmélian et Faucigny. Il est aussi intéressant de constater que le GUC peut être craint comme nous le fûmes samedi après-midi. L'entraineur adverse m'avoua n'avoir pas reconnu son équipe qui démissionna avant même de combattre.
Il nous reste donc un dernier match à disputer à Pont-de-Claix la semaine prochaine. Pour Thomas qui souffre et qui va nous manquer, j'attends du groupe une cohésion et une communion exemplaire. A tous, savourez à sa juste valeur le plaisir de fouler le terrain mercredi prochain !

Samedi 17 mars - Match des Cadets : Montmélian-GUC: 29-18

Nous étions partis pour l'exploit et d'exploit, il n'y en eût pas. Nous avons toujours couru derrière cette belle équipe de Montmélian, au sens propre comme au figuré, et, malgré une formidable résistance de nos garçons, la victoire a choisi logiquement le camp du plus fort. Le respect de Montmélian pour nos joueurs était manifeste comme en témoigne le privilège qui nous fut fait de jouer sur le terrain d'honneur. Comme à l'aller, ce fut un match intense et engagé, un match plein, dont chacun sort grandi.
Mais le film du match ne laisse cependant peu de place au doute. Montmélian nous était supérieur et a fait la course en tête du début à la fin. Jugez plutôt : 5-0 ; 5-3 ; 10-3 puis 10-8 score à la mi-temps. Nous perdons le match en début de deuxième mi-temps en encaissant un essai d'entrée. 17-8 ; 17-11 ; 24-11 puis 24-18 après notre deuxième essai de l'après-midi. A dix minutes de la fin du match, nous passons alors cinq minutes dans les vingt-deux mètres de Montmélian sans concrétiser notre temps fort. Et, comme la semaine dernière contre Faucigny, c'est Montmélian qui clôt le score en fin de match sur un cinquième essai : 29-18.
Bien sûr, j'aurais préféré ne perdre que de six points et ne pas encaisser un 5-2 au nombre des essais. Mais, forte d'une mêlée dominatrice, Montmélian a eu le contrôle du ballon tout au long du match et les nôtres n'eurent pas assez de munitions pour dynamiter la défense adverse. Le sort du match bascule aussi sur leurs belles individualités, en particulier leur huit et leur quinze, qui nous firent souffrir à chacune de leur prise de balle.
Nous fûmes donc dominés globalement et notre rendement en conquête fut insuffisant. Après avoir largement dominé Seyssins, Thône et Voiron dans ce domaine, force est de reconnaître que nous avons souffert contre les plus grosses cylindrées que sont Faucigny et Montmélian. Sur nos ballons, nous n'avons pas su (pas pu.) enchainer du jeu avant/trois-quart (ou plutôt trois-quart/avant) qui aurait permis de désorganiser le rideau défensif adverse. Piégée dans les rucks où leur présence était nécessaire, notre troisième ligne n'a pas eu les jambes pour enchainer au près après une percussion de nos arrières. Nous avons peu joué autour du dix, aussi, à un endroit où l'on peut cependant fixer beaucoup de joueurs adverses. C'est sur ce point que nous devons travailler dans les prochaines semaines car c'est par le lien dynamique trois-quart/avant que se marque le plus d'essais dans le rugby moderne.
Au rayon du positif, j'ai beaucoup aimé notre état d'esprit. Les garçons n'ont rien lâché et, même si les plus jeunes ont dû se contenter des miettes, le groupe dans son ensemble a formidablement répondu au défi qui lui était proposé. Notre replacement défensif sur la largeur fut aussi en progrès en dépit des cinq essais inscrits par Montmélian. C'est là aussi un travail à poursuivre. Enfin, j'ai apprécié la lucidité des garçons sur nos deux essais. Sur le premier, notamment, Anto a sagement ralenti sa course après avoir débordé sur l'aile pour retrouver Guillaume qui lui-même décala superbement Bastien sur un deux-contre-un.
Il nous reste donc deux matchs à jouer avant la fin de cette phase de qualification. Nous rencontrerons deux équipes de bas de tableau et il nous faudra regagner chez l'adversaire la confiance affaiblie par deux défaites de rang. Suivra alors un marathon de cinq matchs qui nous amènera, je l'espère, aux portes des quarts de finale du Challenge Sud-Est. Avec au moins sept matchs à jouer, contre douze derrière nous, nous ne sommes donc pas encore aux deux-tiers de la saison. Mais je connais la force de ce groupe et je n'ai aucun doute sur sa capacité à répondre présent dès mercredi à l'entrainement.

Samedi 10 mars - Match des Cadets : GUC- Faucigny: 16-33

Je ne suis plus habitué aux défaites et je ressasse depuis hier soir la façon d'introduire mon propos. En premier lieu, il faut tirer un coup de chapeau à nos adversaires du jour, dont la ténacité fut récompensée par une deuxième mi-temps très aboutie avec quatre essais à la clef. Mais nos joueurs se sont aussi bien battus et ont fait preuve de volonté et de courage tout au long du match. Ce ne fut pas un match « sans », loin de là, un de ces matchs où rien ne se passe et où on traine sa misère à tous les coins du terrain. Non, ce fut un match intense, haletant, où chaque équipe eut sa chance. Un match de haut niveau qui nous servira dans le futur, j'en suis sûr. Mais que la défaite est dure à encaisser !
Elle est d'autant plus dure à accepter pour le coach que je suis car je dois assumer le désastre de la deuxième mi-temps. Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Nous passons de 13-0 en notre faveur au bout de 20 minutes de jeu à 16-33 à la fin du match. Plus précisément, nous virons en tête à 13-6 à la mi-temps et nous encaissons un sévère 3-27 durant le second acte. Dur !
Mais reprenons le film du match pour y voir plus clair. Comme la semaine dernière, l'entame de match fut équilibrée. Les deux blocs semblaient bien en place et aucune équipe ne prit le pas sur l'adversaire à l'entame. Et puis, petit à petit, les Gucistes ouvrirent des brèches dans la défense adverse. Ce fut d'abord trois points enquillés au pied par Anto et puis une série de phases de jeu où nos trois-quarts franchirent nettement le rideau défensif adverse. Et c'est logiquement que sur une magnifique phase de jeu, Boris à l'aile remit intérieur à Anto pour le premier essai au pied des poteaux. 10-0 et bientôt 13-0 suite à une nouvelle pénalité convertie par l'indispensable Antonin. A ce moment là du match, au milieu de la première mi-temps, tous les voyants sont au vert et Faucigny subit nettement notre domination. Et c'est probablement dans ces minutes là que nous perdons le match, faute d'avoir su le gagner. En effet, je ne compte pas moins de quatre actions d'essai non converties à la demi-heure de jeu : une cuillère (non sifflée !) sur une percée d'Anto, un petit coup de pied à suivre confus aplati dans l'en-but et deux petits-cotés mal négociés qui échouent à un mètre de leur ligne.
En face, pas grand-chose mis à part quelques minutes passées sur notre ligne où nous avons bien défendu. Et puis, faute de marquer dans nos temps forts, l'adversaire revint dans le match. Une pénalité puis une deuxième les remirent à un coup de fusil (13-6), tandis que nos trois-quarts se fragilisaient par des fautes de main inhabituelles.
A la mi-temps, sans que le vent ait tourné, il est clair que le match n'est pas joué et qu'il nous faudra fournir beaucoup d'efforts pour arriver au but. Et c'est là que le coaching fut inapproprié. Au lieu de conforter notre équipe solide et bien en place, nous avons multiplié les changements à des postes clefs. Durant tous les derniers matchs, le sang neuf apporté par les remplaçants avait largement compensé leur jeunesse ou leur inexpérience. Sur ce match contre un adversaire plus corsé, ce ne fut pas le cas. Fragilisé par un essai né d'un contre sur un jeu au pied en début de deuxième mi-temps qui ramène Faucigny à deux points (13-11), nous n'avons jamais pu reprendre le jeu à notre compte. Sans être outrageusement dominés, nous subîmes davantage, malmenés en conquête et maladroits dans nos lancements. Et Faucigny appuya là où ça fait mal, dans la zone 9-10 et sur l'aile gauche, notamment. En quinze minutes nous encaissâmes deux nouveaux essais qui les mirent à dix points devant nous : 13-23. Il restait alors quinze minutes à jouer. Les garçons n'abdiquèrent pas et remirent le combat au centre de notre jeu devant. Anto nous permit de marquer trois points (16-23) et nous nous retrouvâmes à nouveau à dix mètres de leur ligne avec une pénalité à suivre. Le ballon fut envoyé sur Martin qui perça et tendit la main pour aplatir.. Mais le ballon lui échappa sur la ligne et nous fûmes pénalisés par l'arbitre sur la mêlée qui suit.. Notre chance de revenir à égalité était passée. La suite fut anecdotique. Dans les cinq dernières minutes, Faucigny marqua trois points (16-26) avant qu'un dernier essai ne leur soit accordé malgré une évidente faute au sol. Le score final (16-33) est lourd mais rend bien compte de la bonne deuxième mi-temps des Savoyards. Mais nous ne sommes pas à quinze points de cet adversaire et le match aurait pu tourner en notre faveur avec plus de réalisme en première mi-temps.
Les enseignements du match. Tout d'abord, je n'ai rien à reprocher aux garçons. Ils y ont cru de bout en bout et nous avec eux, même dans l'inconfort de cette deuxième mi-temps. Nous souffrons des mêmes manques pointés contre Voiron. On ne sait pas scorer sur chacun de nos temps forts. Et c'est autant de points qui s'envolent et qui manquent à la fin. Un fait important : notre conquête, si précieuse lors de nos derniers matchs, a été très moyenne tout au long du match, donnant des munitions à notre adversaire du jour qu'il a su parfaitement exploiter en jouant sur nos faiblesses en deuxième période. En marge de deux un-contre-un perdus à l'aile, il faut noter nos absences dans le replacement défensif quand les temps de jeu se multiplient au large. Nous n'étions pas habitués à cette nécessité mais il est évident que les ballons seront partagés contre les grosses équipes et qu'il faut savoir défendre et se replacer rapidement sur des temps de jeux successifs. Enfin, comme contre Voiron, le physique de Faucigny a pris le dessus en fin de match et nous n'avons pu rivaliser avec l'adversaire sur ces derniers ballons si importants.
Au chapitre du positif, maintenant, notre défense au près fut efficace et notre pack a parfaitement rivalisé avec un adversaire beaucoup plus lourd. Nous avons récupéré en première mi-temps quelques ballons sur des rucks, signe de nos progrès sur les « contests ». Et nos trois-quarts ont souvent déchiré la défense adverse, sur des lancements de jeu classique comme sur des ballons de relance.
La conclusion, c'est que nous sommes éliminés de la course à la deuxième place. Le match à Montmélian la semaine prochaine n'aura donc pas la même saveur. D'une certaine façon, ce n'est pas plus mal car nous serons plus dangereux si nous jouons sans pression avec l'ambition d'allumer des mèches dans tous les coins du terrain. C'est dans cet esprit de revanche, cet esprit qui animait le groupe au coup de sifflet final, que nous irons relever ce défi. A nous de bien préparer ce match cette semaine pour ne pas nourrir de nouveaux regrets samedi prochain..

Samedi 3 mars - Match des Cadets : GUC- Voiron: 21-12

Depuis mon arrivée au GUC en 2005, je n'avais jamais eu l'occasion de battre Voiron et son impressionnante école de rugby. C'est dire le prix de notre victoire d'hier. Si j'étais marseillais, j'aurais probablement remercié aujourd'hui la Madone en déposant un cierge à la Bonne Mère. Grenoblois d'adoption, je pourrais en faire autant à La Salette, me direz-vous, mais c'est tout de même un peu loin.
Bon, revenons-en aux faits du match. Nous avions prévenu les garçons de la difficulté de la tâche et nous ne nous étions pas trompés, Fred et moi. Notre entame de match fut moyenne, gênés que nous fûmes par la qualité de l'adversaire sur les « contests ». Ce fut même Voiron qui eut la première occasion de prendre le score par une pénalité, manquée, sur nos quarante mètres. Cette tentative avortée eut le don de secouer nos joueurs et de gommer les maladresses qui avaient polluées nos premières possessions de balle. Dominateurs en conquête, nous nous installâmes chez l'adversaire en multipliant les temps de jeu. Et c'est logiquement que, sur une libération de balle rapide, Sylvain perfora le centre de la défense adverse pour le premier essai du match au pied des poteaux. 7-0. En dehors des cinq premières minutes un peu poussives, cette première mi-temps fut très intense au niveau du jeu avec de longues séquences où les deux équipes jouèrent leur chance à fond. J'étais donc un peu inquiet au repos de nous voir aussi « cramés », chose somme toute normale après une coupure d'un mois et demi.
La deuxième mi-temps nous vit confirmer notre emprise sur le match, dans un premier temps, du moins. Notre possession de balle nous permit de pilonner la défense adverse mais les Voironnais, plus malins et plus appliqués sur les zones de ruck, nous empêchaient de concrétiser nos temps forts. Finalement, c'est sur un coup-franc joué dans leur dix mètres que Sylvain franchit à nouveau la ligne adverse pour le deuxième essai de l'après-midi. 14-0. A partir de là, la fatigue et la chaleur de cette journée printanière rendirent le match difficile à maitriser. Les temps de jeu devinrent plus décousus avec de nombreux turn-overs. Voiron joua son va-tout et profita de pénalités jouées rapidement et d'une succession de plaquages ratés pour marquer au pied des poteaux. 14-7.
Il restait alors quinze minutes à jouer et les garçons avaient le souffle court et les jambes lourdes. Mais les victoires portent cette équipe depuis quelques mois et nous repartîmes au combat le cour vaillant. Voiron était aussi fatigué que nous et ils craquèrent quelques minutes après sur une belle séquence de jeu avant/trois-quart conclue par Boris en bout de ligne. Ce troisième essai en coin transformé par Sylvain nous remit à l'abri. 21-7. Les cinq dernières minutes furent voironnaises et leur ténacité fut récompensée par un essai en coin en fin de rencontre. 21-12, score final.
Alors, quels enseignements pouvons-nous tirer de ce match ? En premier lieu, savourer la victoire, logique, d'une équipe joueuse et dominatrice en conquête. Mais, justement, le score ne reflète pas notre emprise sur le match. La faute à de nombreuses maladresses en début de match et à des situations d'essai mal négociés. Je pense notamment à la percée de Guillaume mal conclue sur l'aile par Adrien en début de match; au deux-contre-un entre Charly et Bastien un peu plus tard; et au trois-contre un mal négocié par Maxime en deuxième mi-temps. Sur chacune de ces actions, l'essai était en vue et nous n'avons pas marqué. Attention à gommer ces problèmes de finition contre nos prochains adversaires. L'autre zone d'ombre est notre condition physique. Nous avons terminé le match à genou et Voiron semblait mieux que nous sur la fin. Alors, oui, porter le ballon demande plus d'énergie que défendre sa ligne mais nous avions l'habitude de finir fort nos matchs. A nous de corriger le tir et de faire les efforts à l'entrainement pour retrouver une condition physique à la mesure de nos ambitions de jeu.
Voilà, nous avons franchi le premier col de notre étape de haute montagne. Il nous reste deux cols hors-catégorie à gravir pour accéder aux phases finales. Rendez-vous dès samedi prochain pour le match de la deuxième place contre Faucigny.

Samedi 14 janvier - Match des Cadets : GUC- Thônes: 36-5

La difficulté d'écrire un commentaire après un match abouti, c'est que justement. ça se passe de commentaire.
Nous recevions hier la belle équipe de Thônes que nous avions largement dominée à l'aller en terre savoyarde. Lors du match aller, Thônes souffrait de l'absence de six joueurs majeurs et notre victoire en fut probablement facilitée. Hier, ils se déplaçaient au complet et leurs intentions en début de match étaient clairement revanchardes.
Et pourtant, pourtant, le score final est quasiment identique qu'à l'aller et la démonstration de force de nos garçons fut très convaincante sur l'ensemble du match. Comme d'habitude, l'entame de match est décisive et nous n'avons de cesse, Fred et moi, d'insister là-dessus : le combat d'abord, le jeu après. Et, comme lors de nos derniers matchs, l'équipe a répondu présent, malgré un adversaire prêt à en découdre au niveau de l'agressivité.
Dans les cinq premières minutes, une succession de plaquages appuyés de part et d'autre donnèrent le ton de la rencontre. A ce petit jeu-là, c'est le plus conquérant qui gagne et nos garçons ont acquis ces derniers temps un surplus d'assurance et de confiance. Sur une combinaison un peu approximative derrière, Antonin prit le trou à hauteur de leurs quarante et personne ne rattrape Anto sur ce genre de courses. Essai au milieu des perches : 7-0. Les garçons repartirent à l'assaut sans attendre et, sur un deuxième temps bien joué par Sylvain, Boris à l'aile prolongea magnifiquement au pied pour Martin qui aplatit dans l'en-but. La grande classe et 12-0. Toujours dominateurs devant et impériaux en conquête, nos avants continuèrent cinq minutes encore leur travail de sape. Tous se régalent dans le jeu au près et enchainent du jeu debout avec un Charly et un Vadim en grande forme. Après un premier échec dans leurs vingt-deux, nos avants font le break et c'est Vadim qui marque le troisième essai en moins de vingt minutes de jeu. La transformation porte alors le score à 19-0 et la puissance collective de l'équipe est impressionnante.
Mais Thônes ne s'est pas déplacé à Grenoble sans atout et les savoyards profitèrent d'un temps faible pour prendre le jeu à leur compte. Et la physionomie du match changea du tout au tout en quelques minutes. De dominateurs, nous voilà dominés, et copieusement. Après une première tentative avortée en bout de ligne, c'est logiquement que Thônes franchit notre ligne sur un mouvement au large où nos trois-quarts ont tardé à se redéployer sur la largeur. 19-5. Les cinq dernières minutes de la première mi-temps sont un supplice car Thônes insiste et nous ne voyons plus la gonfle. Les pénalités sont toutes savoyardes et nous campons sur notre ligne, asphyxiés. Heureusement, l'arbitre siffle la mi-temps sur le même score mais je sens que nous ne sommes pas au mieux, affectés par l'allant retrouvé de nos adversaires.
La mi-temps nous fit du bien. A la reprise, nous reprîmes le contrôle du ballon et, par là-même, du match. La suite nous fut favorable et il n'y eut bientôt plus de rébellion adverse. Leur manque de condition physique nous permit de faire cavalier seul en deuxième mi-temps. « Nous ne sommes pas plus de quinze à l'entrainement en ce moment, on ne peut pas travailler. » m'avoua, déçu, l'entraineur adverse. Notre quatrième essai fut à la conclusion d'une succession de temps de jeu ou avants et trois-quarts jouèrent leur partition à merveille. Le fait de pouvoir reproduire en match le type de séquences répétées à l'entrainement est très satisfaisant. Et c'est Vadim qui clôt finalement le score du match d'un essai rageur sur une pénétration au près après qu'Antonin, proche du 100% au pied, eut sanctionné au pied un carton jaune adverse. Score final : 36-5.
Alors, que retenir du match ? A notre passif, une certaine indiscipline qui nous coûta quelques pénalités. On ne discute pas avec l'arbitre quand on n'est pas capitaine. Point. Attention à ces fautes bêtes qui peuvent remettre l'adversaire dans le match comme on l'a vu en fin de première mi-temps. La gestion de notre temps faible m'inquiète un peu, aussi. Quand on subit, il faut savoir ralentir le jeu, jouer sur ses points forts, et casser le rythme du match par des touches et du jeu au pied profond. A nous de mieux nous organiser pour contrôler sans subir.
Du côté du positif, ce match est une nouvelle référence en termes d'engagement et de contenu. Nous commençons à avoir quelques certitudes. C'est en travaillant sur ces acquis et cette confiance que nous serons à même d'aller chercher la victoire contre Voiron, Faucigny et, bien sûr, . Montmélian. Attention, toutefois ! La confiance est à la fois notre meilleur allié et notre pire ennemi. Chaque match a son histoire et, comme le dirait l'évangéliste Jean, « Au commencement était le Combat, et le Combat était au Rugby et le Rugby était Combat » (librement adapté du verset 1, chapitre 1). A nous de faire nôtre cette parole à chaque match.

Samedi 10 décembre - Match des Cadets : Seyssins - GUC : 0-20

Ce qui est amusant dans les commentaires d'après-match, c'est qu'on peut y revenir. Avant de commencer celui-ci, je me suis replongé dans le match aller au GUC, le 1 octobre, où nous avions traversé le match comme des fantômes. Pire que ça, j'avais terminé mon propos sur le manque de solidarité du groupe en appelant les garçons à aller chercher un supplément d'âme qui leur manquait alors :
« On a perdu, certes ; on gagnera bientôt, j'en suis convaincu. Mais il en faudra davantage pour aller au bout de notre aventure. Et ce « davantage », c'est à vous, les garçons, de trouver où il se cache. »
Les cadets ont montré hier tous les progrès accomplis depuis trois mois. Leur force de caractère et leur solidarité furent impressionnantes, quand, acculés sur notre ligne de but pendant dix bonnes minutes en début de deuxième mi-temps, ils ne lâchèrent rien et défendirent corps et âme. Ce fut le tournant du match. A la suite de ça, la belle équipe de Seyssins rendit les armes devant tant de ténacité et de force collective. Et nous pûmes clore le score, certes déjà acquis, par un essai de Sylvain bien lancé en pénétration sur une combinaison des trois-quarts à partir d'une mêlée fermée.
Mais, en commençant par la fin, j'en oublie le meilleur. Et le meilleur, ce fut notre entame de match. Le contexte nous était favorable. L'esprit de revanche soufflait sur le synthétique de Seyssins et les nôtres entrèrent dans ce début de rencontre avec des âmes de guerriers. Bousculés par cette furia, Seyssins craqua par deux fois dans le premier quart d'heure. Ce fut d'abord Guillaume qui, à la suite d'un gros travail des avants, joua un petit côté en solitaire de sa course chaloupée pour aplatir au milieu des poteaux. Puis Louis, quelques minutes plus tard, fit gonfler le score à 12-0 à partir d'un maul pénétrant joué sur une pénal-touche. A ce moment là, notre mainmise sur le match était totale.
Mais Seyssins n'est pas la dernière équipe venue, loin de là. Fred et moi, nous savions que prendre le score serait important pour faire douter l'adversaire. Et, assurément, si nous n'avions pas eu rapidement cette avance de douze points, le match aurait pu devenir compliqué. Forts devant et mené par un numéro huit conquérant, nos adversaires nous imposèrent de grosses séquences de jeu en fin de première et plus encore en début de seconde mi-temps. Nous fûmes alors à deux doigts d'encaisser un essai qui aurait pu relancer le match mais la solidarité et le courage étaient dans notre camp. L'état des genoux des nôtres, écorchés par les brûlures liées aux plaquages répétés sur le synthétique abrasif, témoigne de l'âpreté des débats.
En dehors de cette défense de fer, cette victoire repose sur nos deux points forts. Tout d'abord, la qualité de notre conquête en touche où nous fîmes une moisson de ballons sur lancers adverses. A tel point qu'ils n'osèrent rapidement plus taper en touche sur pénalité de peur de perdre le ballon sur le lancer. Notre deuxième point fort fut la qualité de perforation de nos trois quarts. Martin et Sylvain mirent systématiquement en danger la ligne adverse par leurs courses pénétrantes. Mais, alors que nous avions perdu certains de ces ballons au match aller à cause d'un soutien tardif, c'est la force de notre ligne et de nos avants que de pouvoir maintenant assurer le gain du ballon et relancer le jeu rapidement derrière ces pénétrations.
Franchement, j'ai du mal à ressortir une ou deux individualités du groupe tant sa performance fut collective. Des plus aguerris aux plus jeunes, bravo ! Fred et moi, nous sommes très fiers de vous. Et les spectateurs, parents, copains et copines, sont conquis par la qualité du jeu que vous produisez. A nous de faire durer ce plaisir sur les prochains mois pour accrocher le Graal en mars-avril.
Alors, la suite, justement, c'est quoi ? C'est, en particulier, une semaine sans match . Va-t-on faire comme la dernière fois et se dire que s'il n'y a pas de match le week-end prochain, l'entrainement est facultatif ? Je sais que le match a été dur et que les genoux sont à vifs. Mais je vous promets que l'entrainement de mercredi sera light, basé sur des jeux collectifs et de la technique individuelle. Nous bâtirons un entrainement à la carte et personne n'aura à aller au sol pour risquer d'aggraver les blessures du week-end. Je vous attends donc au LGM mercredi pour savourer cette belle victoire tous ensemble.

Samedi 3 décembre - Match des Cadets : GUC-Sud Grenoble: 48-7

Juste quelques mots en cette fin d'après-midi où j'ai eu le plaisir d'assister à la double victoire aux forceps des séniors (première + réserve) sur notre terrain du GUC. A dire vrai, notre victoire d'hier, même si l'ampleur du score laisse penser le contraire, fut elle aussi longue à se dessiner. La faute à un adversaire qui défendit chèrement sa peau avant de baisser pavillon en fin de match. La faute aussi à une entame de match catastrophique qui leur permit d'y croire tout au long de la première mi-temps.
Nous avions fait des choix d'entraîneur, Fred et moi, pour ce match contre une équipe qui avait tout perdu jusque là. Ces choix étaient de privilégier sur ce match la régularité aux entraînements et la persévérance des plus jeunes. Histoire de montrer aux anciens que, titulaire ou pas, il faut venir gagner sa place aux entraînements du mercredi et du vendredi pour jouer le samedi.
Face à un adversaire a priori plus faible, nous commençâmes le match de la pire des façons. Sur le premier ballon joué sur engagement adverse, Sylvain en position d'ouvreur se fit contrer à la limite des vingt-deux et l'action se termina dans notre en-but. 0-7, 25 secondes de jeu. Il n'en fallait pas plus pour booster le capital confiance de l'entente Grenoble Sud, confiance qui leur permit de nous contrer pendant toute la première demi-heure de jeu.
Cette première mi-temps fut donc bien poussive. En dépit d'une domination outrancière, nous mîmes du temps à nous défaire de la défense adverse. Nos temps de jeu furent lents et trop peu perforants. Plus encore, nous ne fûmes pas assez présents sur les zones de ruck, zones sensibles où les adversaires nous chipèrent des ballons précieux. D'un autre côté, j'ai apprécié de voir l'équipe se prendre en main sans se désunir. Tout au long match, l'intensité de notre domination ne laissa que des miettes à nos adversaires et nous sûmes être patients pour récolter le fruit de nos efforts. Comme souvent, quand le collectif ne parvient pas à se défaire de la nasse adverse, c'est un exploit personnel qui déclencha la marche avant de nos garçons. En l'occurrence, ce fut Martin, en bon capitaine, qui mit tout le monde d'accord à cinq reprises durant l'après-midi. Enorme Martin sur ce match !
De 12-7 en notre faveur à la mi-temps, le score gonfla rapidement par la suite face à un adversaire dépassé. Nous pûmes alors faire participer tous les jeunes qui démontrèrent toute leur vaillance et leur talent. De bon augure à une semaine d'un match décisif contre Seyssins. Mais il faudra alors réaliser une toute autre entame de match pour ne pas laisser l'adversaire espérer autre chose qu'une après-midi cauchemardesque devant la furia de nos garçons.
D'ici là, la fête des parents, le vendredi 9 décembre, sera l'occasion de voir nos cadets en action sur grand écran ; l'occasion de voir qu'ils ont bien grandi depuis l'an dernier ; l'occasion aussi de montrer notre attachement à ce groupe fort sympathique.

Samedi 12 octobre - Match des Cadets : Faucigny-Mont Blanc - GUC: 13-14

Grande fut ma surprise quand l'entraîneur de Faucigny m'interpella lors de la réception d'après-match : « C'est toi qui écrit les commentaires ? Dis donc, tu en mets des tartines.» Mi-amusé, mi-perplexe par le fait que d'autres que nos joueurs puissent s'intéresser à ma prose, je vais tenter de ne pas écrire trop de bêtises sur nos adversaires du jour. J'aurai du mal à le faire, d'ailleurs, tant l'opposition proposée par Faucigny fut de grande valeur. Sans parler de la réception d'après match organisée de mains de maîtres autour d'un nombre incalculable de plats de pâtes à la Bolognaise sur lesquels se sont jetés les nôtres, revenus, l'espace d'un moment, à l'époque de « La guerre du feu » ; oui, oui, « La guerre du feu », chers parents, avec la sauce sur le visage et les doigts dans le plat, les onomatopées en guise d'échange verbal. Si nous avions mis la même ardeur dans le combat sur le terrain, peut-être que la victoire aurait été plus facile.
Non, je plaisante. Je n'ai rien à reprocher aux garçons sur ce match. Emprunts de fébrilité face à un adversaire solide, nous avons souffert jusqu'au bout. Notre victoire n'est cependant pas usurpée au vu du temps passé chez l'adversaire, ballon en main. Forts en conquête, nous avons touché et joué beaucoup de ballons devant comme derrière. Mais, face à une équipe bien en place, il ne faut pas s'attendre à franchir le rideau défensif dans le premier temps. C'est donc dans la multiplication des temps de jeu que vient le salut. Pour marquer ou plus simplement pour mettre l'adversaire à la faute. L'arbitre m'avoua à la fin du match qu'il avait pénalisé 14 fois Faucigny et seulement 7 fois le GUC. Notre victoire d'un petit point vient de là. En jouant plus que l'adversaire, nous les avons poussés davantage à la faute, ce qui nous a rapporté les points décisifs par l'entremise de la botte d'Antonin.
Et pourtant, ce fut loin d'être simple. Dominateurs en première mi-temps, nous ne trouvâmes la faille que sur un débordement rageur d'Antonin suite à un beau mouvement collectif impliquant les avants et les trois-quarts. Essai et 5-0. Là-dessus, pensant peut-être avoir fait le plus dur, nous laissons l'initiative à l'adversaire. Sur deux ballons aux pieds mal négociés dans nos quarante mètres, nous commettons deux fautes coup sur coup. 5-6. Nos bévues remirent l'adversaire dans le match à ce moment là. Avant la mi-temps, l'équipe se ressoude et repart au combat. Pénalité pour nous, transformée par Antonin. 8-6, nous reprenons le score.
A la mi-temps, malgré la domination des nôtres, je sens le doute qui s'installe. La fébrilité, c'est l'hésitation dans les courses et les prises de décision ; c'est ce temps de retard, parfois imperceptible, qui fait que le ballon tombe sur une passe anodine. C'est le doute qui s'inscrit dans les percussions et les placages. A la mi-temps, nous aurions déjà dû marquer plusieurs fois. Notre inefficacité, liée à la qualité de l'adversaire, allait-elle nous être fatale en fin de match ? Mais les garçons ont grandi. Même fébriles, ils ont trouvé les ressources pour continuer leur travail de sape basé sur une défense agressive et une conquête fiable. Antonin nous permit alors de prendre le large sur deux pénalités au cour de la deuxième mi-temps : 11-6 puis 14-6.
En fin de match, Faucigny joua son va-tout. Sur une pénal-touche à cinq mètres de notre ligne, leur maul pénétrant enfonce notre ligne d'en-but. Essai transformé. Le score n'est plus que de 14-13 en notre faveur et je sens que les huit dernières minutes vont être pénibles. C'est là que la réaction des garçons m'a plu. Faucigny n'est pas sorti de son camp, ou presque, lors de cette fin de match. A défaut d'être brillants et perforants, les nôtres ont maintenu l'adversaire sous pression en jouant et en plaquant. La victoire est méritée par rapport à ces huit dernières minutes où nous n'avons rien lâché. Et sur une dernière pénalité contre nous jouée au large sur la ligne médiane, c'est notre défense qui nous sauva encore la mise en poussant l'adversaire en touche. Victoire et soulagement !
Je me souviens d'un match gagné d'un point l'an dernier contre ARCOL (15-16) où, au sortir d'une course poursuite, nous arrachâmes la victoire sur une pénalité à trois minutes de la fin. Le stress vécu à Ecully l'an passé n'a rien à voir avec la tension subie ce samedi à Faucigny. Là, nous menons, nous sommes dominateurs et l'adversaire revient à notre niveau en fin de match. J'avoue que j'ai mis du temps à m'en remettre. Les garçons aussi d'ailleurs. Car après l'orgie de la réception d'après-match, ce ne furent pas les traditionnels chants et rires mais plutôt la douceur des courbes d'Angelina Jolie qui alimenta le retour en bus. Le repos du guerrier, sans doute ?

Samedi 26 novembre 2011 : Petite analyse de ce début d'année.

Cette semaine, pas de match donc pas de commentaire. Cependant, comme cela turbine dans nos petites têtes d'entraineurs, (je parle de Fred, Fabrice et moi), je me permets de vous rendre compte de nos réflexions du moment sur le groupe des cadets du GUC.
En premier lieu, je réitère mes louanges de la semaine dernière. C'est un plaisir de s'occuper de ces garçons et je savoure chaque semaine la chance qui nous est donnée de participer à cette aventure. Du côté de la vie du groupe, le mélange a pris corps entre anciens et jeunes. Les équipes que nous alignons le week-end sont de plus en plus équilibrées entre les premières et les deuxièmes années. Les nouveaux sont aussi bien intégrés à mon goût et, même s'ils jouent moins que les autres le samedi, leur présence et leur fidélité aux entrainements sont le signe de la bonne santé du groupe.
Côté rugby maintenant, sans présager du résultat du dernier match de la phase aller samedi prochain, nous basculerons probablement dans la phase retour avec quatre victoires pour trois défaites. Dans un groupe où la tête de poule est promise à Montmélian, nous avons les moyens de jouer la deuxième place, synonyme de participation au Championnat de France en avril prochain. Même si ce n'était pas le cas, le contenu de nos derniers matchs et des entrainements de ces dernières semaines me rendent optimiste quant à une fin de saison passionnante. Même en Challenge Sud-Est, compétition réservée aux équipes ne jouant pas le Championnat de France, aller taquiner des collectifs du sud ou du centre de la France n'est pas donné à tout le monde.
C'est autour de l'ambition rugbystique du groupe et de notre positionnement par rapport à cette ambition que mes réflexions du jour me mènent. En gros, le dessin est le suivant. Les potentialités du groupe sont grandes. Les garçons ne s'en rendent pas compte, probablement, mais ils n'auront pas souvent l'occasion de jouer à ce niveau dans leur vie de rugbyman. Entre les études, ici ou ailleurs, les copines et les loisirs (une copine est-elle un loisir ?), l'entrée incertaine dans le monde du travail dans un ou deux ans pour certains, cette saison 2011-2012 est probablement unique dans la liberté qui leur est donnée d'aller au bout de l'aventure rugbystique.
D'un autre côté, la tradition au GUC n'est pas de s'illustrer dans la performance. Même si les choses évoluent dans ce sens au sein du club, je reste persuadé que nous avons autre chose à offrir que la recherche systématique de la victoire. Ce qui est la marque de fabrique du club à l'école de rugby est aussi vrai pour les plus grands. Quand je vois nos jeunes cadets et les débutants cette année, je me sens responsable de leur épanouissement et je suis frustré de ne pas pouvoir les voir s'illustrer plus souvent, compétition oblige, le samedi. Ce compromis à trouver entre compétition et loisir n'est pas nouveau chez nous. Il est sain que l'on y réfléchisse et que l'on en discute entre nous en fonction des collectifs engagés dans chaque tranche d'âge.
C'est là que je veux en venir aujourd'hui. Je voudrais que les garçons assument davantage le choix qui se présente à eux. Jouer le championnat de France, c'est unique dans l'intensité des émotions individuelles et collectives que l'on partage. Une demi-finale du Challenge Sud-est aussi. Mais cela demande beaucoup de travail et de régularité, une implication totale du groupe, une recherche quasi mono-maniaque de la performance. Les matchs du mois d'avril se gagnent dans les efforts de décembre. L'absence de joueurs majeurs aux entrainements durant cette semaine sans match me laisse dubitatif quant à l'adhésion du groupe à cet objectif.
D'un autre côté, on peut aussi jouer la quatrième place de la poule en intégrant plus de jeunes et de débutants sur chaque feuille de match. Accepter de perdre certaines rencontres pour donner du temps de jeu à tout le monde. Préparer le collectif de l'an prochain en se faisant plaisir sur certains matchs mais en minorant nos ambitions de fin d'année. Là encore, j'adhérerai parfaitement à ce projet si les garçons en décident ainsi.
En fait, je nous considère, nous les entraineurs, comme des animateurs (éclairés ?) d'un groupe qui doit décider en interne de ses ambitions. Je suis prêt à les accompagner sur n'importe quel chemin mais c'est à eux de choisir la route à prendre. Cela signifie aussi que je ne souhaite pas appeler régulièrement untel ou untel pour m'enquérir de ses absences répétées à l'entrainement. J'attends des leaders de ce groupe qu'ils alimentent le débat, qu'ils pèsent le poids de leur engagement et qu'ils assument leur choix par leurs actes; en gros, qu'ils prennent en main leur destinée rugbystique comme les Français l'ont fait un soir de défaite face au Tonga. De notre côté, nous respecterons ce choix et nous ne déciderons pas à leur place.
Je suis bien conscient qu'il y a toujours mieux à faire sur l'agglomération grenobloise que se geler à l'entrainement le vendredi soir ; que souffrir lors des séances de VMA du mercredi ; que d'accepter la répétition des matchs et des entrainements semaine après semaine. Je suis aussi certain de l'extraordinaire qualité rugbystique du groupe. Laisser passer cette chance.
Pour finir, un dernier mot. Au-delà de l'équipe et du groupe, c'est au sein d'un club que les garçons grandissent. Un club avec les plus jeunes et les plus grands, les dirigeants, les coachs et tous les bénévoles qui font que, semaines après semaines, nous nous régalons dans la pratique de notre sport favori. Sans tomber dans le cliché, un club de rugby fonctionne comme une famille. Les seniors s'enquièrent régulièrement auprès de nous des résultats et de la vie collective des cadets. Et je vois dans les yeux des cadets le respect teinté d'admiration quand les seniors, leurs aînés, occupent le pré le vendredi soir. Une famille a ses moments de fête, ses grand-messes où la rencontre de chacun participe au bonheur de tous. Au GUC, un de ces rares moments de réjouissance est la soirée des parents du 9 décembre prochain. Cette année, la fête des parents concernera vraiment tout le club puisque les seniors alimenteront les festivités de la deuxième partie de la soirée.
J'aimerais que le groupe des cadets se sente concerné par cette fête comme par un moment privilégié que l'on passe en famille. Là-aussi, l'adhésion du groupe ne peut être que collective. Venir à deux ou trois n'a aucun sens. Alors oui, il y a peut-être un concert en ville, une sortie, un cinoche qui motiveraient davantage les uns et les autres. Mais le club, c'est moi, c'est nous, c'est nous tous. Et si le club a besoin de moi, je me dois de répondre présent.

Samedi 22 octobre - Match des Cadets - Thônes - GUC: 6-34

J'avais terminé mon commentaire de la semaine dernière sur le challenge qui nous attendrait en terre savoyarde ce samedi. Allions-nous être à la hauteur de ce rendez-vous contre un adversaire invaincu ? La réponse, ce sont les garçons qui sont allés la chercher avec fougue et détermination sur le terrain bosselé et pentu de Thônes. Et de quelle manière ! Car les locaux ne s'attendaient certainement pas à passer un si mauvais après-midi, avec quatre essais dans la musette et une impuissance évidente face à notre collectif conquérant.
Assurément, le message de samedi dernier a été enregistré dans nos jeunes têtes Gucistes. La victoire passe par le combat, l'agressivité et l'intensité que l'on impose à l'adversaire dans le premier quart d'heure. Après un échauffement rapide et tonique, nous entrâmes tout de suite dans le vif du sujet. Il ne fallu pas longtemps pour se rendre compte que les locaux allaient souffrir face à la furia des nôtres. Dominateurs en conquête (touche et mêlée confondues), perforant derrière sur des courses simples, la première mi-temps fut toute violette avec trois essais transformés à la clef pour un score à mi-parcours de 24 à 3.
Nos adversaires tentèrent de réagir en début de deuxième mi-temps et nos garçons bafouillèrent alors quelque peu leur rugby en se compliquant la vie souvent ou par maladresse, parfois. Nous fûmes aussi plus sanctionnés par l'arbitre, signe de notre indiscipline. Sans la démonstration de force proposée par l'équipe en première mi-temps, le match aurait pu devenir compliqué. Mais la défense tint bon, notamment à deux reprises sur notre ligne ou nous n'encaissons plus désormais ces essais qui nous coutaient chers l'an dernier. Tout le mérite en revient aux joueurs et leur envie de ne rien lâcher dans la difficulté. Et c'est finalement Antonin, sur un ballon volé et une course rageuse de 80 mètres qui finit par clore le score en toute fin de match, essai qu'il prit le soin de transformer pour confirmer sa performance remarquable de 100% au pied. 34-6 pour le GUC, score final.
L'ambiance dans les vestiaires, sous la douche et dans le bus fut à la hauteur de notre performance. Avec même un freinage brutal sur la bande d'arrêt d'urgence du chauffeur pour reprendre à l'ordre un de nos garçons qui se trémoussait, nu comme un vers et chantant la Marseillaise, dans le couloir du bus.
Le bilan du match est très positif. Au départ de Grenoble, nous souffrions pourtant de certaines absences de marque et Fred me faisait remarquer que nous avions laissé à la maison huit joueurs majeurs du pack. Mais les plus jeunes ont pris la mesure de ces matchs de Teulière A et je remercie leurs ainés du soutien et de la force qu'ils leur communiquent. Quelle différence par rapport au match contre Seyssins ! Derrière, l'ensemble de la ligne a bien compris l'intérêt de jouer simplement les premiers temps de jeu et notre force vient de notre capacité à franchir le rideau défensif dans le deuxième temps. En attendant de mettre en place le jeu dans le troisième temps. Un grand entraineur avec une barbe blanche et ceint d'un bandeau rouge ne cessait de nous répéter à l'entrainement : « la complexité vient de l'addition de choses simples ». Si nous nous en tenons à ce principe, de grandes choses nous attendent.

Samedi 15 octobre - Match des Cadets : GUC - La Côte-Saint-André : 36-0

Ah ! Le beau week-end Guciste ! Dans la foulée de la brillante victoire des cadets ce samedi, ce sont les deux équipes séniors qui ont gagné à la maison dimanche. Et, pour ces trois équipes, on a senti la même envie d'en découdre, de prendre l'adversaire à la gorge et de ne rien lâcher jusqu'au bout. On a aussi vu un public nombreux autour du terrain, avec les séniors encourageant notamment les cadets avec leurs parents le samedi. Nul doute que la fierté de se savoir encouragé de la sorte a joué un rôle dans notre entame de match parfaite. Jugez plutôt : une minute de jeu, première mêlée pour l'adversaire. Gain du ballon par les avants sur la poussée, ballon écarté derrière, puis percée pleine d'autorité de Martin au cour de la défense conclue sur l'aile par Antonin. 5-0. Le ton était donné
La suite du match fut du même acabit. Avec quatre essais en première mi-temps et deux en seconde, l'adversaire ne fut jamais à même de nous faire douter. Mieux encore : acculé en fin de première mi-temps sur notre ligne, notre défense tint bon et parvint à se dégager sans dommage. En deuxième mi-temps, les remplacements devant mirent quelques minutes à être digérés. Mais, là encore, les jeunes montrèrent autant de hargne et d'envie que les anciens et nous finîmes le match dominateur dans tous les compartiments du jeu. Difficile de sortir du lot un ou deux joueurs tant le groupe fut homogène dans la performance. Il y eut même quelques « premières » au niveau des essais comme au niveau des entrées, devant comme derrière. Les joueurs se reconnaitront. A tous, un grand bravo !
Au titre des choses à travailler, c'est dans l'ajustement de la dernière passe (ou le choix de la dernière course) qu'il nous faudra insister. L'addition aurait dû être plus lourde pour les p'tits gars de la Côte si nous n'avions pas fait tomber ces ballons (ou si nous avions plus eu le souci de la continuité du jeu) aux portes de l'en-but.
En revenant sur notre dernier match perdu à domicile contre Seyssins, il est clair que l'équipe est capable du meilleur comme du très moyen. Les cadets du Guc en Docteur Jekyll et Mr Hyde ? Oui, un peu, dans le sens où nous sommes nos pires adversaires. Seyssins était assurément plus fort que La Côte mais, en s'attachant à gagner le combat comme nous l'avons fait samedi, nous aurions gagné sans coup férir il y a quinze jours. C'est cela la leçon du match. En prenant les choses dans le bon sens, peu d'adversaires nous mettront en difficulté. Dans le bon sens, cela signifie de gagner l'épreuve du combat, devant comme derrière, dès le début du match. Imposer notre force de percussion devant et les plaquages positifs qui ont secoué l'adversaire. Si ces ingrédients sont en place, alors le jeu vient de lui-même. Nous avions insisté là-dessus dans les vestiaires et les garçons ont répondu présents de brillante façon.
Alors, la suite ? La suite est un match difficile contre une équipe lourde et solide à Thônes samedi prochain. Une équipe qui n'a battu que 3-0 Seyssins ce samedi, cependant. Une équipe qui est donc à notre portée. Mais jouer à l'extérieur est toujours plus compliqué et l'importance du combat prend encore plus de valeur. Il serait intéressant de commencer une série de victoires. Aurons-nous la force mentale et physique d'imposer notre agressivité aux Savoyards samedi prochain ?

Samedi 1 octobre - Match des Cadets : GUC - Seyssins : 15-18

Avec beaucoup de retard, je vous livre à froid mes impressions sur notre match de samedi. Pour mieux illustrer mon propos, je vais m'autoriser une comparaison osée avec le chemin de croix de l'équipe de France en terre néo-zélandaise. Quand, au soir du premier match contre le Japon, on interroge le journaliste Jean-Pierre Elissalde (père du joueur-entraineur de Toulouse) sur la performance des français, celui-ci porte un jugement lapidaire : « Cette équipe n'a pas d'âme. » Les Blanco, Pelous et autres Dourthe présents sur le plateau de télévision se gaussèrent alors de cette analyse : « Mais non. Le groupe vit bien. Ils s'entendent bien entre eux, il n'y a pas de problème. ». Trois matchs et deux défaites plus tard, il faut bien reconnaître la pertinence du jugement du journaliste. La défaite contre le Tonga, une (toute) petite nation du rugby, c'est ça. Pas de leader, pas de rébellion, pas de sacrifice, pas de plaisir. Et je dois reconnaître que, toute proportion gardée, nos cadets sont aussi à la recherche de cette « âme » qui forge le mental des grandes équipes.
C'est quoi, l'âme d'une équipe de rugby? C'est un mélange subtil de sacrifice individuel et de puissance collective qui amène chacun à se dépasser quand le fil du match nous échappe. C'est cet élan, ce besoin irrépressible de tout faire pour le copain, son partenaire, son frère, son ami avec la certitude que, quoi qu'il arrive, il en fera de même. C'est un échange de regards plus que de mots, qui, après une « cagade », réconforte, encourage et amène au dépassement de soi. C'est enfin l'harmonie que l'on retrouve sur le terrain quand, les yeux fermés, on sait, on sent où ses plus proches partenaires se trouvent.
A dire vrai, beaucoup d'équipes de rugby jouent (bien) et gagnent sans le supplément d'âme que je tente de décrire. Mais celles dont on se souvient, vingt ans en arrière, ce sont ces équipes là. Quel que soit le niveau, on fait du rugby pour ces moments de communion partagée.
Alors, en quoi cela concerne-t-il nos garçons ? Ce qui m'a chagriné, samedi, ce n'est pas tant la défaite que l'attitude collective du groupe sur le terrain. Oh, rien de bien méchant ni de bien grave. On perd de trois points, après tout, avec un match moyen contre une équipe bien en place. On a quelques temps forts et pas mal de temps faibles ; on est un peu fébrile ballon en main, sur les phases de conquête et au moment où on pourrait accélérer le jeu. Forts d'une défense assez solide, tout n'est pas à jeter, loin de là, dans ce premier match d'une série de quatorze qui nous tiendra en haleine jusqu'en mars prochain.
Mais, pour en revenir à l'âme de notre équipe, je n'ai pas aimé l'absence de solidarité des garçons sur le terrain. La critique, toujours facile, des performances des nouveaux ou des plus jeunes. L'absence de rébellion collective et l'absence de leaders qui, après être revenu à 15-15 à dix minutes du terme du match, nous auraient permis de camper chez l'adversaire au lieu de subir à nouveau dans notre camp. Le rugby est un sport exigeant. Il l'est assurément pour le corps, il l'est aussi dans les têtes. Nous n'avons pas été forts dans nos têtes samedi. C'est pour les deuxièmes années que je dis ça, ceux qui ont vécu la saison dernière avec son lot de défaites avant que, au sortir de l'hiver, nous enclenchâmes enfin la marche avant. Ce n'est pas d'expérience dont je parle. C'est du souci permanent que les plus grands, les plus expérimentés doivent ressentir pour les plus jeunes, les moins aguerris. Pour leur permettre de progresser, de travailler malgré la difficulté de la tâche. Samedi, j'ai été affecté par les larmes vite essuyées d'Adrien, qui, à la mi-temps, s'en voulait terriblement de son manqué qui nous coûte un essai. Je ne suis pas sur d'avoir vu un seul de nos deuxièmes années le réconforter à la fin du match. Je n'ai pas senti nos plus grands prendre en main les plus jeunes. Je ne les ai pas vus prendre en main ce match.
Encore une fois, je ne suis pas mécontent de notre performance, somme toute moyenne. On a perdu, certes ; on gagnera bientôt, j'en suis convaincu. Mais il en faudra davantage pour aller au bout de notre aventure. Et ce « davantage », c'est à vous, les garçons, de trouver où il se cache.

Samedi 24 septembre - Match des Cadets à Annecy

Il y aurait beaucoup à dire sur notre double défaite en terre savoyarde hier mais, pour changer, je vais tenter de faire court. Une chose est sûre, le petit nuage né de la victoire contre le Grésivaudan s'est bien dégonflé et nous voilà ramené à la dure réalité des équipes aguerries de Teulière A. A l'issue de cette double confrontation, j'ai eu le sentiment de faire un saut en arrière de neuf mois quand nous enchaînions (petite) défaite sur (petite) défaite au cour de l'hiver. Plus encore, la fin de match contre Faucigny a ressemblé à s'y méprendre à celle de l'an dernier contre Rillieux : nous passons les dix dernières minutes sur leur ligne, nous bénéficions de cinq pénalités au moins et nous ne marquons pas.
Bien sûr, notre longue attente fait partie des circonstances atténuantes. Ainsi, nous n'entrâmes sur le pré qu'aux alentours de 16h45 pour notre premier match. Gérer ces temps d'attente, le trajet en bus, l'échauffement commencé, arrêté puis repris, tout cela est toujours compliqué. Je ne connais pas de rugbyman qui se sente plus à l'aise à l'extérieur qu'à domicile. Mais il faut s'y faire et anticiper cette difficulté plutôt que de la subir comme nous l'avons fait hier. Et l'expérience du groupe devrait nous permettre maintenant de mieux vivre nos déplacements.
Cet attentisme est en grande partie responsable de notre double défaite face à des adversaires certes costauds, mais tout à fait prenables. Contre Annecy comme contre Faucigny, nous sommes mis sur le reculoir en début de match et nous encaissons par deux fois le désormais classique (et ô combien frustrant) « essai sur notre ligne de but ». A savoir, percussion au près de nos adversaires à cinq mètres de notre ligne, défense statique et essai.
Vexés, nous prenons alors le jeu à notre compte et nous finissons par reprendre le score au bout de quinze minutes de jeu. 6-5 pour nous contre Annecy à la suite de deux pénalités d'Antonin ; 7-5 grâce à un essai transformé de Louis contre Faucigny. Mais las, avec un arbitre pénible et pointilleux à l'extrême, notre déficit en conquête et nos approximations sur les points de contact permirent à nos adversaires de reprendre le score sur des pénalités offertes.
Les points noirs de la journée se situent là, à mon avis. Bousculés en touche contre Annecy, approximatifs aux déblayages, pénalisés en mêlées, nous n'avons pas mis la main sur le ballon. Du coup, forts d'une ligne de trois-quarts inspirée, nous jouâmes en vain notre va-tout en fin de match alors que nous avions les moyens physiques et techniques de construire nos victoires de façon plus maîtrisée. Et la frustration est grande de constater malgré tout notre capacité à franchir le rideau défensif adverse à plusieurs reprises et d'échouer à chaque fois près de la ligne d'en-but, par maladresse parfois, par manque de lucidité souvent.
Que faut-il retenir de cette double confrontation ? Comme point positif, nous avons bien mieux fini nos matchs que nos adversaires. Notre travail physique du mercredi n'est pas vain et, en dehors de construire des « beaux gosses » bien charpentés, j'ai bon espoir qu'il nous fasse gagner des matchs cette saison. Au chapitre du négatif, notre conquête fut approximative et nous fûmes souvent absents sur les zones de ruck. Par ailleurs, nous avons singulièrement manqué de lucidité dans la gestion de ces deux matchs : endormis par le rythme pépère d'Annecy, nous nous sommes réveillés trop tard ; rebelote contre Faucigny, où nous campons sur leur ligne d'essai en fin de match sans marquer de point.
« L'expérience est un peigne qui nous vient quand on perd ses cheveux » dit le sage (bulgare, je crois.) J'espère bien que nos cadets n'attendront pas la calvitie pour se rendre compte du travail individuel et collectif à produire pour briller avec les meilleurs.

Résumé du Match RC Grésivaudan - GUC : 0-62

Il est des dimanches plus riants que d'autres. Des dimanches où même le mauvais temps et les approximations françaises en Coupe du monde n'arrivent pas à vous enlever le sourire de la bouche. Allez savoir pourquoi.
Nous étions pourtant dans l'expectative pour ce premier match de la saison, hésitants entre notre confiance dans le bagage rugbystique de nos apprentis rugbymen et les difficultés liées au manque d'automatisme du groupe en ce début de saison. A ce sujet, l'entraînement de vendredi avait été particulièrement brouillon et insuffisant dans la discipline requise au niveau de compétition auquel nous souhaitons prétendre.
Peu avant notre départ pour Villard Bonnot, nous avions appris qu'un de nos adversaires du jour serait forfait. Cette désagréable surprise nous contraignit à nous passer de quatre jeunes car seuls vingt-deux joueurs pouvaient être alignés sur la feuille de match dans la perspective d'une seule rencontre. Pressé par le temps, le choix fut cornélien et je tiens à remercier ces jeunes pousses pour leur abnégation et le soutien qu'ils ont apporté à leurs partenaires. Qu'ils soient rassurés, leur tour viendra bientôt.
Le match fut à sens unique. Dominateurs devant, omniprésents en conquête, tranchants derrière, nos joueurs n'ont laissé aucune chance à notre adversaire du jour, avec quatre essais marqués en première mi-temps et cinq en deuxième. Frustrés et humiliés sur leurs terres, on a senti certains « jaunards » prêt à dégoupiller en fin de match mais nos garçons ont montré toute leur maturité en ne sortant pas du cadre du jeu et en insistant sur le combat à chaque fois que cela fut nécessaire.
Que retenir de ce match, en dehors du plaisir délicat d'avoir châtié nos frères ennemis ? (j'ai bien conscience qu'ils ne tarderont pas à nous rendre la pareille mais rien n'empêche de savourer l'instant présent.)
J'ai apprécié le sérieux des garçons du début à la fin du match. La qualité de notre défense, bien sur (zéro essai encaissé !), et aussi notre capacité à jouer chez l'adversaire dès que possible. Ballon en main, ce fut plus approximatif. Nos premiers temps de jeu ne sont pas encore assez propres pour déclencher des deuxièmes temps qui nous permettraient de franchir à coup sûr le rideau défensif adversaire. Mais j'ai goûté avec plaisir certains mouvements répétés à l'entraînement et qui furent appliqués avec succès. Devant, notre mêlée et surtout notre touche furent impériales. A nous de mieux savoir varier les lancements de jeu « avant/trois-quart » sur ces ballons précieux. Nous aurions aussi pu jouer quelques ballons debout mais cela demande plus d'automatisme que nous n'avons pour le moment. Enfin, j'ai trouvé intéressante notre condition physique et nous allons continuer à travailler ce point durant les prochaines semaines.
Nos adversaires du jour m'ont rappelé notre jeune équipe cadette de l'an dernier, talentueuse mais inexpérimentée. Il est certain que nous avons franchi un palier suite à notre saison en Teulière A et que notre base de travail est aujourd'hui différente. Notre niveau d'exigence l'est aussi, assurément. Fred, Théo et moi sommes bien conscients que le groupe a des ressources et du potentiel mais qu'ils ne s'exprimeront en termes de résultats qu'au prix d'un gros travail de discipline et de concentration collective. Il reste à garder la tête froide et, sans bouder notre plaisir, reconnaître que nos prochains adversaires seront d'un autre calibre.

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